petites carétères du Béarn Libre
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Re: petites carétères du Béarn Libre
L'Apache a écrit:mais quelle langue vous parlez de l'autre côté de nos frontières ???
pompeusement, petites routes du Béarn Libre; carétères c'est plus court, ça vient de la langue béarnaise, tout comme l'espagnol
Si j'ai bien compris le castillan est un dérivé du béarnais qui lui meme vient de l'occitan

Re: petites carétères du Béarn Libre
Jaco a écrit:Le béarnais, c'est un dialecte de l'occitan, non ?
Je serai tenté de dire que..........
"Le locuteur d'une langue a le droit de l'appeler comme il le souhaite: ainsi, la plupart des locuteurs de la langue vernaculaire du Béarn opteront spontanément pour l'appellation de béarnais de préférence à celle d'occitan ou a fortiori de gascon, ressenti comme extérieur.
Peut-on pour autant parler de langue béarnaise? Il était légitime de le faire lorsque le Béarn était un pays souverain doté de ses propres lois et institutions, et d'une langue officielle relativement standardisée. Mais dès 1858, Jean-Vastin Lespy, qui a pourtant, de par son métier d'archiviste, un contact permanent avec les textes de cette époque glorieuse de l'histoire du Béarn, écrit: "L'idiome béarnais est un dialecte de la langue romane qui se forma, dans le midi de l'Europe, de la corruption du latin"[20] Dans les années 1930, Simin Palay écrit dans son dictionnaire : "Pour les Béarnais, les parlers bigourdans, armagnacais, de la Lomagne, de l'Astarac, de l'Albret, de la Chalosse et des Landes sont lou gascoû; les Gascoûs, d'ailleurs, considèrent aussi le béarnais comme suffisamment différent de leurs parlers pour justifier une appellation particulière. En réalité, mis à part les termes locaux, tous ces dialectes sont des rameaux d'une même souche."[21] Dans cette période des années 1920 et 1930, Simin Palay est également conscient que cette "souche" gasconne" appartient au grand ensemble occitan[22].
En 1963, le linguiste Pierre Bec, spécialiste de la dialectologie du gascon, va plus loin : alors que Jean-Vastin Lespy et Simin Palay faisaient du béarnais un dialecte d'un ensemble plus large, lui nie pratiquement l'existence d'un parler béarnais clairement caractérisé du point de vue dialectologique[23].
Cependant, comme on l'a dit en préambule, il reste que le locuteur d'une langue a le droit de l'appeler comme il le souhaite et sans tenir compte des critères des linguistes. Celui ou celle qui parle la langue vernaculaire du Béarn parle par définition une langue; il a le droit de l'appeler "béarnais" et d'estimer, pour des raisons affectives, historiques voire idéologiques, qu'il y a une "langue béarnaise". Cela ne fait pas pour autant de la langue qu'il parle une langue distincte des parlers romans qui l'entourent. Les conditions qui permettaient de soutenir ce point de vue à l'époque du Béarn souverain n'existent plus et à notre connaissance, personne ne souhaite les recréer.
En outre, toutes les actions tendant à promouvoir la langue vernaculaire du Béarn inscrivent celle-ci dans un cadre plus large, celui du gascon, et au-dessus et coiffant celui-ci, celui du domaine d'Oc. La notion de "béarnais", a fortiori de "langue béarnaise", est donc inopérante à rendre compte du dynamisme culturel porté par le renouveau de la langue vernaculaire du Béarn.
La pertinence historique de l'appellation béarnais [modifier]
Elle est grande, le Béarn ayant constitué un État souverain de 1347 à 1620. Une forme spécifique d'occitan, basée sur le parler béarnais de la région d'Orthez, est la seule langue officielle du Béarn depuis les origines de la vicomté jusqu'en 1620, puis concurremment avec le français de 1620 à 1789[24]. Cette langue officielle du pouvoir béarnais est naturellement appelée béarnais et c'est tout naturellement que la reine Jeanne d'Albret, souhaitant répandre la Réforme protestante dans ses États, commande une traduction des Psaumes en béarnais pour son État souverain du Béarn et en gascon pour ses domaines d'Albret, Marsan et Gabardan.
Sa pertinence sociale [modifier]
Force est de constater qu'à partir de la fin du XIXe siècle, et peut-être avant, l'usage du mot béarnais pour désigner la langue propre du Béarn n'est plus dans l'usage courant, remplacé par le mot patois qui est péjoratif, à l'origine du moins, et présente l'inconvénient d'englober sous un même terme tous les parlers de la langue d'oc et de la langue d'oïl!
L'usage du terme patois (en premier lieu, il faut le signaler, de la part des locuteurs eux-mêmes) a reculé à partir des années 80 du siècle dernier, au fur et à mesure que le "renouveau des langues régionales" affirmait la dignité de la langue vernaculaire, sans qu'il y ait pour autant une relation de cause à effet garantie.
Aujourd'hui, le terme de patois reste employé, mais minoritairement. On parle plus généralement, pour désigner la langue vernaculaire du Béarn, de béarnais, d'occitan, plus rarement de langue d'oc à l'instar de Simin Palay (cf. ci-dessus), encore plus rarement de gascon.
Les locuteurs disent généralement parler béarnais, mais précisent parfois patois béarnais. Ainsi, l'appellation de béarnais semble reposer surtout sur une identification langue-territoire de type "départemental" (de même qu'en Ariège ou en Ardèche on dira parler le patois ariégeois ou ardéchois, et par opposition ou complémentarité avec les Basques, qui dans le même département, parle basque[25]. Aucune étude n'a été faite à ce jour sur les représentations qu'ont les locuteurs de la langue qu'ils parlent. Elles semblent très variables d'un individu à l'autre[26].
Sa pertinence scientifique: peut-on définir un parler béarnais sur des critères strictement linguistiques?
Du point de vue dialectologique, Pierre Bec a dit depuis longtemps (cf. supra) combien il serait difficile de caractériser un type de parlers qui serait propre au Béarn et distinguerait, du point de vue linguistique, ce territoire des territoires gascons voisins (Bigorre, Lavedan, Armagnac, Chalosse, Bas-Adour).
Des parlers béarnais
Force est de constater que les parlers occitans du Béarn ne présentent pas de traits linguistiques qui les distinguerait clairement au sein de l'aire dialectale gasconne. Il n'existe pas un type de parlers spécifiques au Béarn au sein de l'ensemble du dialecte gascon de la langue occitane.
D'une part, si l'on considère ces parlers en eux-mêmes, en faisant abstraction des parlers gascons des contrées environnantes (Bigorre, Lavedan, Armagnac, Chalosse, Bas-Adour), on constate de grandes variations internes qui permettent de définir plusieurs parlers béarnais. Le plus original d'entre eux est sans nul doute le parler des vallées d'Aspe et de Barétous, qui présente une caractéristique phonétique unique en Béarn, le maintien des consonnes sourdes intervocaliques latines /k/, /p/, /t/: era sèca ("la ronce"; ailleurs en Béarn: "la/era sèga"); era capana ("la cabane"; ailleurs en Béarn: la/era cabana); un horatàs (augmentatif de horat, "trou"; ailleurs en Béarn: un horadàs). Ce parler aspois-barétounais présente encore de nombreuses caractéristiques phonétiques (passage du groupe consonantique -nt à -nd dans candar ou endéner (ailleurs cantar ou enténer, respectivement "chanter" et "entendre"), lexicales (emploi du verbe ir, "aller", ailleurs anar, morphologiques (première personne du singulier du conditionnel en -ei (qu'averei, "j'aurais", ailleurs qu'averí ou qu'aurí; emploi de lo comme pronom neutre COD, au lieu de ac) et même syntaxiques (har a partir, "faire partir", ailleurs har partir)".
Dernière édition par KAZ le Mer 13 Aoû - 7:07, édité 2 fois
Re: petites carétères du Béarn Libre
Mais aussi.....
"En l'état actuel des travaux des linguistes, les parlers béarnais pouvant être individualisés sont:
* l'aspois-barétounais, par rapport à tous les autres parlers occitans, par la conservation des sourdes intervocaliques du latin, et par rapport aux autres parlers béarnais par l'évolution nt > nd et l'emploi du pron om personnel neutre lo.
* le parler du Nord-Ouest (Orthez, Salies, Sauveterre), qui se distingue des autres parlers béarnais par la prononciation proche du 'e' muet français du -'e' atone final et du -'a' atone final et l'emploi du pronom datif li
* un parler central ou "palois" (grosso modo d'Artix à Nay), qui se distingue par la désinence en -in de la troisième personne du pluriel des verbes du deuxième et du troisième groupe
* un parler oloronais, qui a la particularité d'employer une forme i ("et") là où les autres parlers emploient e.
* le parler de la Vallée d'Ossau, seul en Béarn à me pas connaître l'évolution mb > mp dans des mots tels que cramba ("'chambre, ailleurs crampa), ombra ("ombre", ailleurs ompra)
* un parler du Nord-Est (Vic-Bilh et Montanerés) qui réalise comme une aspiration [s] devant consonne (eslorir, "moisir: [exlu'ri], emploie la forme endà ("pour", ailleurs entà) et réalise partiellement [w] le v intervocalique [a'we].
Une étude sérieuse de la dialectologie du béarnais implique qu'elle se fasse dans le cadre plus large du dialecte gascon auquel les parlers béarnais ressortent tous, voire dans le cadre global occitan. On s'aperçoit alors que le parler du Nord-Ouest présente bien plus d'affinités avec les parlers voisins du Bas-Adour et des Landes, que le parler du Nord-Est partage des traits avec le parler central et d'autres avec les parlers bigourdans voisins, tandis que les traits propres du parler aspois-barétounais ne sont pas uniques seulement au sein des parlers béarnais, mais aussi au sein du dialecte gascon dans son ensemble et plus encore, dans tout l'espace linguistique occitan.
Du point de vue phonétique
Le Béarn est traversé par au moins une isoglosse majeure qui coupe l'ensemble du domaine gascon: dans le nord-ouest du Béarn, on prononce le -a final comme un e français dit "muet", c'est la prononciation de la Gascogne occidentale, alors que dans l'est du Béarn et les vallées pyrénéennes domine la réalisation en "o ouvert" de cette voyelle, réalisation de la Gascogne orientale. Encore ce "o" ouvert est-il plus ou moins fortement articulé selon les régions, et globalement plus marqué dans les vallées que dans la plaine. La prononciation "a", résiduelle partout en occitan, n'est pas non plus absente (Pontacq, comme dans le Lavedan voisin).
La réalisation [pã] (généralement réduite à [pa:]) de pan ("pain") oppose les parlers béarnais aux parlers gascons des Landes, traçant ainsi une limite nord pour le "béarnais". Ce trait est toutefois inopérant à définir un type "béarnais" de parlers, puisqu'à l'ouest et à l'est du Béarn, les parlers du Bas-Adour et les parlers bigourdans et lavedanais voisins présentent la même réalisation [pã] ou [pa:] .
Quant à la réalisation [ß] ou [w] du -v intervocalique (aver prononcé [a'ße] ou [a'we]), si sa limite correspond grosso modo à la limite Béarn-Bigorre à l'est ([a'ße] étant la prononciation "béarnaise" et [a'we] la prononciation bigourdane, la réalisation [ß] n'est pas caractéristique du seul Béarn puisque cette fois-ci, c'est en direction des Landes, du Bas-Adour et du Lavedan qu'elle déborde de ses limites. En outre, la réalisation [w] est présente dans le parler "béarnais" du canton de Montaner.
Du point de vue lexical
En effectuant une lecture même rapide des cartes de l'Atlas linguistique de la Gascogne[31], on est en peine de trouver une série de mots spécifiquement "béarnais". Si un mot comme dia, "jour", oppose très nettement les parlers béarnais à ceux des Landes qui emploient le mot pan-occitan jorn, il se retrouve dans tous les parlers sud-gascons, jusqu'au Val d'Aran.
Dans le dictionnaire de Simin Palay, on rencontre beaucoup plus de mots marqués comme spécifiques à la région d'Orthez, au Vic-Bilh, à la Vallée d'Aspe ou à la Vallée d'Ossau que de mots marqués B. (Béarn). Encore ceux-ci ne sont-ils pas forcément usités dans tous les parlers béarnais.
Du point de vue morphologique
Les parlers béarnais emploient l'article pan-gascon et pan-occitan lo, la au nord Gurs - Lucq-de-Béarn - Lasseube - Asson et l'article dit "pyrénéen eth, era au sud de cette ligne, à l'exception notable de la majeure partie des localités de la Vallée d'Ossau. Cette dualité n'est pas spécifiquement béarnaise, mais est au contraire connue dans tout le dialecte gascon: elle oppose le Lavedan et le sud de la Bigorre au nord de la Bigorre et de l'Armagnac, ainsi que le Haut-Comminges et le Val d'Aran au Bas-Comminges.
Autre exemple de l'absence complète d'unité des parlers béarnais et de variations internes propres au domaine gascon, le verbe estar ("être") fait à la première personne du singulier soi dans le parler du Nord-Ouest et sòi dans la plupart des autres parlers, la première forme se retrouvant dans le sud des Landes [35], la seconde dans les parlers de la Bigorre et du Lavedan. À la troisième personne, la forme ei s'oppose à la forme es des Landes, mais est celle des parlers lavedanais et bigourdans les plus proches .
Il faut aussi mentionner l'existence en Béarn de deux types de subjonctifs, le subjonctif dit en -i dans le parler du Nord-Ouest et un subjonctif proche du subjonctif dit classique dans les autres parlers. Ainsi, "il faut qu'il soit à Pau demain" se dira que cau que sii a Pau doman dans le Nord-Ouest, que cau que sie a Pau doman ailleurs.
Du point de vue syntaxique
Les études syntaxiques font cruellement défaut dans l'ensemble du domaine gascon.
Sur le plan de la morpho-syntaxe, on constate que le fameux "futur du passé" béarnais, un temps particulier issu du parfait du subjonctif latin (amauerit > (qu')aimère) et abondamment cité et commenté dans toutes les grammaires, n'est pas connu de tous les parlers[38].
On constate que Jean Bouzet, en dépit du titre même de son ouvrage ne semble pas faire une distinction entre des traits spécifiques qui seraient propres aux parlers du Béarn et d'autres qui appartiendraient aux parlers environnant: cela n'apparaît nulle part. Lorsque d'aventure il cite des variantes régionales, elles ne coïncident pas avec les limites du Béarn
. Son autre ouvrage[41], d'une très haute qualité au demeurant, donne pour généraux certains faits locaux qui obligent à une certaine prudence dans son maniement.
Du point de vue prosodique
Il existe bien divers "accents" béarnais, comme le locuteur le reconnaissent volontiers. Est-ce que ces accents béarnais locaux ont plus en commun entre eux qu'avec les accents des parlers gascons des régions les plus proches? Il est impossible de le dire (et de dire le contraire): les études de prosodie occitane manquent cruellement[42],[43], a fortiori les études de prosodie occitane comparée.
Du point de vue de l'intercompréhension
On a beaucoup glosé sur le caractère tout relatif de l'intercompréhension mise longtemps en avant par les militants de la cause occitane. Philippe Zuppiger et Ursula Leonhard[44] ont depuis longtemps souligné à la fois l'existence et les limites de l'intercompréhension entre les différents dialectes occitans. En revanche, personne ne semble s'être soucié de l'intercompréhension au sein d'une même aire dialectale (pour le gascon, un locuteur du Médoc ou du Bas-Comminges comprend-il immédiatement et sans restrictions un locuteur aspois ou barétounais?), a fortiori à l'échelon infra-dialectal. Pourtant, il semble bien que pour un locuteur de la région paloise la compréhension du parler aspois-barétounais, pourtant "béarnais", nécessite un plus grand temps d'adaptation que la compréhension du parler, "non-béarnais", d'Aire-sur-l'Adour[45]. Nous nous limiterons à cette observation empirique, les études faisant, ici encore, cruellement défaut.
"En l'état actuel des travaux des linguistes, les parlers béarnais pouvant être individualisés sont:
* l'aspois-barétounais, par rapport à tous les autres parlers occitans, par la conservation des sourdes intervocaliques du latin, et par rapport aux autres parlers béarnais par l'évolution nt > nd et l'emploi du pron om personnel neutre lo.
* le parler du Nord-Ouest (Orthez, Salies, Sauveterre), qui se distingue des autres parlers béarnais par la prononciation proche du 'e' muet français du -'e' atone final et du -'a' atone final et l'emploi du pronom datif li
* un parler central ou "palois" (grosso modo d'Artix à Nay), qui se distingue par la désinence en -in de la troisième personne du pluriel des verbes du deuxième et du troisième groupe
* un parler oloronais, qui a la particularité d'employer une forme i ("et") là où les autres parlers emploient e.
* le parler de la Vallée d'Ossau, seul en Béarn à me pas connaître l'évolution mb > mp dans des mots tels que cramba ("'chambre, ailleurs crampa), ombra ("ombre", ailleurs ompra)
* un parler du Nord-Est (Vic-Bilh et Montanerés) qui réalise comme une aspiration [s] devant consonne (eslorir, "moisir: [exlu'ri], emploie la forme endà ("pour", ailleurs entà) et réalise partiellement [w] le v intervocalique [a'we].
Une étude sérieuse de la dialectologie du béarnais implique qu'elle se fasse dans le cadre plus large du dialecte gascon auquel les parlers béarnais ressortent tous, voire dans le cadre global occitan. On s'aperçoit alors que le parler du Nord-Ouest présente bien plus d'affinités avec les parlers voisins du Bas-Adour et des Landes, que le parler du Nord-Est partage des traits avec le parler central et d'autres avec les parlers bigourdans voisins, tandis que les traits propres du parler aspois-barétounais ne sont pas uniques seulement au sein des parlers béarnais, mais aussi au sein du dialecte gascon dans son ensemble et plus encore, dans tout l'espace linguistique occitan.
Du point de vue phonétique
Le Béarn est traversé par au moins une isoglosse majeure qui coupe l'ensemble du domaine gascon: dans le nord-ouest du Béarn, on prononce le -a final comme un e français dit "muet", c'est la prononciation de la Gascogne occidentale, alors que dans l'est du Béarn et les vallées pyrénéennes domine la réalisation en "o ouvert" de cette voyelle, réalisation de la Gascogne orientale. Encore ce "o" ouvert est-il plus ou moins fortement articulé selon les régions, et globalement plus marqué dans les vallées que dans la plaine. La prononciation "a", résiduelle partout en occitan, n'est pas non plus absente (Pontacq, comme dans le Lavedan voisin).
La réalisation [pã] (généralement réduite à [pa:]) de pan ("pain") oppose les parlers béarnais aux parlers gascons des Landes, traçant ainsi une limite nord pour le "béarnais". Ce trait est toutefois inopérant à définir un type "béarnais" de parlers, puisqu'à l'ouest et à l'est du Béarn, les parlers du Bas-Adour et les parlers bigourdans et lavedanais voisins présentent la même réalisation [pã] ou [pa:] .
Quant à la réalisation [ß] ou [w] du -v intervocalique (aver prononcé [a'ße] ou [a'we]), si sa limite correspond grosso modo à la limite Béarn-Bigorre à l'est ([a'ße] étant la prononciation "béarnaise" et [a'we] la prononciation bigourdane, la réalisation [ß] n'est pas caractéristique du seul Béarn puisque cette fois-ci, c'est en direction des Landes, du Bas-Adour et du Lavedan qu'elle déborde de ses limites. En outre, la réalisation [w] est présente dans le parler "béarnais" du canton de Montaner.
Du point de vue lexical
En effectuant une lecture même rapide des cartes de l'Atlas linguistique de la Gascogne[31], on est en peine de trouver une série de mots spécifiquement "béarnais". Si un mot comme dia, "jour", oppose très nettement les parlers béarnais à ceux des Landes qui emploient le mot pan-occitan jorn, il se retrouve dans tous les parlers sud-gascons, jusqu'au Val d'Aran.
Dans le dictionnaire de Simin Palay, on rencontre beaucoup plus de mots marqués comme spécifiques à la région d'Orthez, au Vic-Bilh, à la Vallée d'Aspe ou à la Vallée d'Ossau que de mots marqués B. (Béarn). Encore ceux-ci ne sont-ils pas forcément usités dans tous les parlers béarnais.
Du point de vue morphologique
Les parlers béarnais emploient l'article pan-gascon et pan-occitan lo, la au nord Gurs - Lucq-de-Béarn - Lasseube - Asson et l'article dit "pyrénéen eth, era au sud de cette ligne, à l'exception notable de la majeure partie des localités de la Vallée d'Ossau. Cette dualité n'est pas spécifiquement béarnaise, mais est au contraire connue dans tout le dialecte gascon: elle oppose le Lavedan et le sud de la Bigorre au nord de la Bigorre et de l'Armagnac, ainsi que le Haut-Comminges et le Val d'Aran au Bas-Comminges.
Autre exemple de l'absence complète d'unité des parlers béarnais et de variations internes propres au domaine gascon, le verbe estar ("être") fait à la première personne du singulier soi dans le parler du Nord-Ouest et sòi dans la plupart des autres parlers, la première forme se retrouvant dans le sud des Landes [35], la seconde dans les parlers de la Bigorre et du Lavedan. À la troisième personne, la forme ei s'oppose à la forme es des Landes, mais est celle des parlers lavedanais et bigourdans les plus proches .
Il faut aussi mentionner l'existence en Béarn de deux types de subjonctifs, le subjonctif dit en -i dans le parler du Nord-Ouest et un subjonctif proche du subjonctif dit classique dans les autres parlers. Ainsi, "il faut qu'il soit à Pau demain" se dira que cau que sii a Pau doman dans le Nord-Ouest, que cau que sie a Pau doman ailleurs.
Du point de vue syntaxique
Les études syntaxiques font cruellement défaut dans l'ensemble du domaine gascon.
Sur le plan de la morpho-syntaxe, on constate que le fameux "futur du passé" béarnais, un temps particulier issu du parfait du subjonctif latin (amauerit > (qu')aimère) et abondamment cité et commenté dans toutes les grammaires, n'est pas connu de tous les parlers[38].
On constate que Jean Bouzet, en dépit du titre même de son ouvrage ne semble pas faire une distinction entre des traits spécifiques qui seraient propres aux parlers du Béarn et d'autres qui appartiendraient aux parlers environnant: cela n'apparaît nulle part. Lorsque d'aventure il cite des variantes régionales, elles ne coïncident pas avec les limites du Béarn
. Son autre ouvrage[41], d'une très haute qualité au demeurant, donne pour généraux certains faits locaux qui obligent à une certaine prudence dans son maniement.
Du point de vue prosodique
Il existe bien divers "accents" béarnais, comme le locuteur le reconnaissent volontiers. Est-ce que ces accents béarnais locaux ont plus en commun entre eux qu'avec les accents des parlers gascons des régions les plus proches? Il est impossible de le dire (et de dire le contraire): les études de prosodie occitane manquent cruellement[42],[43], a fortiori les études de prosodie occitane comparée.
Du point de vue de l'intercompréhension
On a beaucoup glosé sur le caractère tout relatif de l'intercompréhension mise longtemps en avant par les militants de la cause occitane. Philippe Zuppiger et Ursula Leonhard[44] ont depuis longtemps souligné à la fois l'existence et les limites de l'intercompréhension entre les différents dialectes occitans. En revanche, personne ne semble s'être soucié de l'intercompréhension au sein d'une même aire dialectale (pour le gascon, un locuteur du Médoc ou du Bas-Comminges comprend-il immédiatement et sans restrictions un locuteur aspois ou barétounais?), a fortiori à l'échelon infra-dialectal. Pourtant, il semble bien que pour un locuteur de la région paloise la compréhension du parler aspois-barétounais, pourtant "béarnais", nécessite un plus grand temps d'adaptation que la compréhension du parler, "non-béarnais", d'Aire-sur-l'Adour[45]. Nous nous limiterons à cette observation empirique, les études faisant, ici encore, cruellement défaut.
Dernière édition par KAZ le Mer 13 Aoû - 7:11, édité 2 fois
Re: petites carétères du Béarn Libre
Par conséquent.....
Le "béarnais" n'a jamais été classé comme langue spécifique par quelque romaniste que ce soit. Les caractéristiques des parlers béarnais que nous avons étudiées en nous fondant sur les travaux cités en notes[46] démontrent à l'envi qu'il est impossible d'affirmer l'existence de cette "langue béarnaise".
Il resterait la possibilité de voir naître, ou renaître, une "langue béarnaise" comme langue par élaboration, si un mouvement associatif ayant une certaine audience travaillait à recréer un standard propre au Béarn[47] et réussissait à le faire enseigner dans toutes les calandretas, écoles bilingues, collèges et lycées du Béarn et à le faire accepter comme langue écrite dans toutes les publications, y compris officielles. Ce type de mouvement n'existe pas à l'heure actuelle.
L'expression "langue béarnaise" reste donc disponible pour tout locuteur qui souhaite reconnaître à son parler maternel ou appris plus tard la dignité de langue, sans pour autant l'englober dans un cadre géographique, linguistique et culturel plus vaste. Cependant, la plupart du temps, ce choix semble procéder d'une logique "départementale" (cf. supra) inconsciente: c'est plus un réflexe qu'un choix éclairé fondé sur la connaissance de son parler, de ses caractéristiques, de son histoire et de sa littérature, car l'enseignement officiel n'apporte aucune information à ce sujet, celle-ci se trouvant dispersée dans des ouvrages parfois anciens, souvent d'un abord délicat, dont l'existence même est la plupart du temps inconnue de la majorité des locuteurs."
Le "béarnais" n'a jamais été classé comme langue spécifique par quelque romaniste que ce soit. Les caractéristiques des parlers béarnais que nous avons étudiées en nous fondant sur les travaux cités en notes[46] démontrent à l'envi qu'il est impossible d'affirmer l'existence de cette "langue béarnaise".
Il resterait la possibilité de voir naître, ou renaître, une "langue béarnaise" comme langue par élaboration, si un mouvement associatif ayant une certaine audience travaillait à recréer un standard propre au Béarn[47] et réussissait à le faire enseigner dans toutes les calandretas, écoles bilingues, collèges et lycées du Béarn et à le faire accepter comme langue écrite dans toutes les publications, y compris officielles. Ce type de mouvement n'existe pas à l'heure actuelle.
L'expression "langue béarnaise" reste donc disponible pour tout locuteur qui souhaite reconnaître à son parler maternel ou appris plus tard la dignité de langue, sans pour autant l'englober dans un cadre géographique, linguistique et culturel plus vaste. Cependant, la plupart du temps, ce choix semble procéder d'une logique "départementale" (cf. supra) inconsciente: c'est plus un réflexe qu'un choix éclairé fondé sur la connaissance de son parler, de ses caractéristiques, de son histoire et de sa littérature, car l'enseignement officiel n'apporte aucune information à ce sujet, celle-ci se trouvant dispersée dans des ouvrages parfois anciens, souvent d'un abord délicat, dont l'existence même est la plupart du temps inconnue de la majorité des locuteurs."
Re: petites carétères du Béarn Libre
Putain, t'aurai pu te contenter de mettre le lien...
Bref, la conclusion est que tout vient du Gascon, même le basque, quoi...
Bon, cépétouça, j'ai une voiture à préparer pour aller chercher Robert, moi.
Bref, la conclusion est que tout vient du Gascon, même le basque, quoi...
Bon, cépétouça, j'ai une voiture à préparer pour aller chercher Robert, moi.
Monde de merde...
Re: petites carétères du Béarn Libre
Jaco a écrit:
Bref, la conclusion est que tout vient du Gascon, même le basque, quoi...
Ben voyons......

Re: petites carétères du Béarn Libre
Ouf ! La langue Corse l'a échappé belle... Enfin presque puisque le Latin, comme pour l'Occitan (dont le Gasco, le Béarnais etc...) en est la base...
Langue corse [modifier]
Pour schématiser : on retiendra que la langue corse est une langue issue du bas latin et du toscan médiéval.
Elle a remplacé une langue vraisemblablement d'origine étrusque matinée de grec que les Romains décrivaient comme « barbare ». La langue corse actuelle a été influencée selon les micro-régions de l'île par le toscan au Nord tandis que l'extrême-sud restait soumis à l'influence du bas latin. Cela se révèle notamment dans la forme des pluriels masculins (issus du neutre latin dans l'extrême-sud) et dans la forme initiale de termes restés proches du latin tels u casgiu pour le fromage directement issu de caseus en latin. Les linguistes décrivent ces différentes variétés comme une forme de polynomie. Les différentes variétés sont intercommunicantes mais variées. La langue corse est le véhicule de la culture corse, riche de ses chants, ses polyphonies, ses proverbes, et de ses expressions.
Elle est l'objet de nombreuses revendications concernant sa protection, son enseignement. L'Etat affiche une volonté politique de promouvoir l'enseignement de la langue et de la culture corse. Il a mis en place un enseignement facultatif d'un maximum de 2h par semaine, géré par les maîtres dans le primaire. Ces mesures sont vues par certains comme trop faibles, comparées à ce qui est fait en Espagne pour le catalan et le basque par exemple.
La langue corse est considérée par l'Unesco comme une langue en voie de disparition, de même que 90% des langues de la planète. On estime d'ailleurs depuis 2006 que la langue corse, ainsi que certaines langues italiques tels que le sicilien, le calabrais, le vénitien, est l'une des plus proches du bas-latin tel qu'il fut parlé à l'aube du Moyen-Âge. Elle est, notamment pour sa variante du nord, extrêmement similaire aux dialectes du centre de l'Italie (Toscane, Ombrie etc.) et elle est aisément compréhensible par les Italiens, notamment pour ceux de l'Italie centrale. Parfois elle est considérée, à tort, comme un patois italien en raison de la similarité des deux langues; elles sont en fait intercommunicantes. Il est donc normal que les noms de familles corses puissent être trouvés un peu partout en Italie et notamment dans les régions centrales de la péninsule. Autrefois langue orale, mélange d'origines latine, italienne, elle est actuellement codifiée et structurée par l'Université de Corte (Università Pasquale Paoli di Corti) et défendue par de nombreuses associations insulaires
Qui nous parlera du Breton, de l'Alsacien, de l'Auvergnat ?
Langue corse [modifier]
Pour schématiser : on retiendra que la langue corse est une langue issue du bas latin et du toscan médiéval.
Elle a remplacé une langue vraisemblablement d'origine étrusque matinée de grec que les Romains décrivaient comme « barbare ». La langue corse actuelle a été influencée selon les micro-régions de l'île par le toscan au Nord tandis que l'extrême-sud restait soumis à l'influence du bas latin. Cela se révèle notamment dans la forme des pluriels masculins (issus du neutre latin dans l'extrême-sud) et dans la forme initiale de termes restés proches du latin tels u casgiu pour le fromage directement issu de caseus en latin. Les linguistes décrivent ces différentes variétés comme une forme de polynomie. Les différentes variétés sont intercommunicantes mais variées. La langue corse est le véhicule de la culture corse, riche de ses chants, ses polyphonies, ses proverbes, et de ses expressions.
Elle est l'objet de nombreuses revendications concernant sa protection, son enseignement. L'Etat affiche une volonté politique de promouvoir l'enseignement de la langue et de la culture corse. Il a mis en place un enseignement facultatif d'un maximum de 2h par semaine, géré par les maîtres dans le primaire. Ces mesures sont vues par certains comme trop faibles, comparées à ce qui est fait en Espagne pour le catalan et le basque par exemple.
La langue corse est considérée par l'Unesco comme une langue en voie de disparition, de même que 90% des langues de la planète. On estime d'ailleurs depuis 2006 que la langue corse, ainsi que certaines langues italiques tels que le sicilien, le calabrais, le vénitien, est l'une des plus proches du bas-latin tel qu'il fut parlé à l'aube du Moyen-Âge. Elle est, notamment pour sa variante du nord, extrêmement similaire aux dialectes du centre de l'Italie (Toscane, Ombrie etc.) et elle est aisément compréhensible par les Italiens, notamment pour ceux de l'Italie centrale. Parfois elle est considérée, à tort, comme un patois italien en raison de la similarité des deux langues; elles sont en fait intercommunicantes. Il est donc normal que les noms de familles corses puissent être trouvés un peu partout en Italie et notamment dans les régions centrales de la péninsule. Autrefois langue orale, mélange d'origines latine, italienne, elle est actuellement codifiée et structurée par l'Université de Corte (Università Pasquale Paoli di Corti) et défendue par de nombreuses associations insulaires
Qui nous parlera du Breton, de l'Alsacien, de l'Auvergnat ?

Re: petites carétères du Béarn Libre
Le provençal est une variété régionale de l'occitan ou langue d'oc. Il se parle essentiellement en Provence. Son nom en provençal est [pʀuveⁿsˈaw] noté provençau (graphie classique) ou prouvençau (graphie mistralienne).
Sommaire
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Répartition géographique [modifier]
D'après Ronjat et Bec, linguistes, le provençal se parle:
* dans le sud de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (au sud de Digne),
* dans l'est du département du Gard, en région Languedoc-Roussillon (et autour de Nîmes, la limite coïncidant avec le Vidourle et le piémont des Cévennes),
* dans la principauté de Monaco, où le provençal (niçois) coexiste avec le ligure monégasque.
Selon certains auteurs, le provençal s'étend à tous les parlers occitans des Alpes (dits alpins ou gavots), à savoir dans le nord de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (au nord de Digne) et dans les Vallées Occitanes voisines de l'Italie. Cependant, certaines classifications rangent les parlers des Alpes dans l'occitan vivaro-alpin et non dans l'occitan provençal. L'inclusion des parlers des Alpes dans le provençal s'explique plus par une référence à la grande Provence historique que par la classification dialectologique.
Il existe des zones de transition entre le provençal et le vivaro-alpin. Les dialectologues les attribuent de préférence au vivaro-alpin: sud de la Drôme (dite Drôme Provençale), région de Digne, haut Pays Niçois.
Classifications dialectologiques [modifier]
Sous-dialectes du provençal [modifier]
* Le provençal général comprend deux variétés très proches:
o Le provençal rhodanien (lou prouvençau dòu Rose): dans l'est du Gard (de Nîmes au Rhône), le Vaucluse (vers Avignon, Orange) et l'ouest des Bouches-du-Rhône (Arles, la Camargue). On peut y distinguer des parlers locaux (le parler du Ventoux et du comtat vers Carpentras; le parler de la vallée du Rhône vers Nîmes, Arles, Avignon, Orange, Bollène; etc). Les "juifs du Pape", communautés juives d'Avignon et du Comtat Venaissin ont développé un dialecte judéo-provençal particulier.
Le provençal rhodanien a donc ses particularités : les pluriels sont réduits à -i; le tch et le dj se prononcent respectivement ts et dz; des r sont rajoutés quelques fois à la fin de certains mots et la conjugaison est dotée de spécificités.
*
o Le provençal maritime et intérieur (lou prouvençau de la mar e d'enfre-terro): dans l'est des Bouches-du-Rhône (vers Salon, Aix et Marseille), le Var (Toulon...) et l'ouest des Alpes-Maritimes (vers Cannes, Antibes, Grasse et Cagnes-sur-Mer). Il existe des différences locales minimes. Le sud des Alpes-de-Haute-Provence connaît une transition douce entre le provençal maritime et le vivaro-alpin, qui commence à Digne.
Ainsi, le provençal maritime et intérieur (ou "méditerranéen") a des règles linguistiques qui lui sont propre : les pluriels se forment en -ei; une chute très marquée de nombreuses consonnes est produite; les o sont souvent diphtongués et la conjugaison possède son lot de spécialités.
Pour exemple, traduisons la phrases "Les belles filles jouent tous les jours sur la colline :
-en provençal rhodanien, cela donne : "Li bèlli chato jogon tòuti li jour dins la colo" (prononciation : li bèli tsatò dzògou'n touti li dzouR di'ng la kòlò).
-en provençal maritime, cela donne : "Lei bèllei fiho juegon tòutei lei jou dins la couelo" (pronociation : lèy bèley fiyò djüègou'n toutèy lèy djou di'ng la kwèlò).
* Le provençal niçois, appelé parfois en français sous son nom occitan: niçard (en norme classique) ou nissart (en norme mistralienne) (on prononce dans les deux normes [niˈsaʀt]). Il se parle dans le Pays Niçois (ou Comté de Nice) et à Monaco (aux côtés du ligure monégasque).
Le vivaro-alpin est un dialecte distinct du provençal par ses traits nord-occitans (cha au lieu de ca, ja au lieu de ga...), l'attachement au provençal étant plus culturel que linguistique. Cependant les populations concernées ignorent le nom savant "vivaro-alpin" et considèrent en général leurs parlers comme du provençal alpin, aussi appelé "gavot".
Place du provençal dans l'occitan [modifier]
D'après Bec (1995), le provençal et le languedocien forment l'ensemble sud-occitan (ou occitan méridional), qui se distingue du nord-occitan (vivaro-alpin, auvergnat et limousin) et de l'occitan gascon.
Traits distinctifs [modifier]
La plupart des caractéristiques linguistiques dont la somme est spécifique du provençal apparaissent dès le Moyen-Age et se confirment à partir du XVIe siècle: vocalisation des -l finaux en -w (soleu/soulèu, sau/sau pour "soleil, sel"), diphtongaison des ò toniques dans une grande partie du domaine. D'autres se développent à partir du XVIe: chute des consonnes finales (et notamment des marques grammaticales comme les -s du pluriel des noms et des adjectifs, qui disparaissent ou sont remplacées par des -(e)i ("las bèlas filhas" devient "lei bèlei filhas / l(e)i bèll(e)i fiho", le -s final étant amuï).
Entre reconnaissance et substitution [modifier]
Panneau de rue rénové à Mons, Var
Panneau de rue rénové à Mons, Var
Le provençal est vécu par une grande partie des Provençaux comme un élément de leur héritage ; il jouit d’un certain soutien de la population et des collectivités locales et bénéficie d’un net regain dans la vie publique depuis quelques décennies (publicités, signalisation routière, festivals, théâtre, édifices...).
Cependant, cette reconnaissance reste symbolique. Elle ne s'accompagne pas d'une réelle planification linguistique ni d'une officialisation susceptibles de développer le provençal de manière efficace. L'usage du provençal connaît donc un grave recul dans la société et cède les fonctions courantes de communication au français. Ceci révèle une diglossie préoccupante.
Il est toutefois spécialement reconnu comme langue menacée par l’UNESCO[1]. En effet, l'action centralisatrice des rois de France (progression du français dans les élites sociales dès le XVe siècle, puis Ordonnance de Villers-Cotterêts du 10 août 1539 instituant le français comme la langue des documents administratifs) ont écarté le provençal des fonctions officielles et prestigieuses pendant l'Ancien Régime. Au XXe siècle, la République jacobine l'a relégué dans les usages privés, puis l'a affaibli comme toutes les autres langues subordonnées, par l'enseignement obligatoire du français, la marginalisation de son usage à l'école et dans les médias.
Le provençal demeure cependant une langue de culture possédant une littérature dynamique et brillante depuis le Moyen Âge, dont la réputation internationale a notamment été couronnée par le prix Nobel de littérature de Frédéric Mistral en 1904 et poursuivie par de grands écrivains aux XXe et XXIe siècles, dont le plus renommé est probablement le poète Mas-Felipe Delavouët.
Il existe spécifiquement pour le provençal des grammaires, des dictionnaires, des méthodes d’enseignement, des maisons d’édition et des centres de recherche. Le provençal est enseigné de la maternelle à l’université en France, dans de nombreux cours associatifs et étudié dans de très nombreuses universités étrangères.
De nombreux mouvements provençaux demandent une reconnaissance officielle du provençal.
Codification, standardisation, graphies [modifier]
Nom de rue en provençal maritime et en graphie mistralienne
Nom de rue en provençal maritime et en graphie mistralienne
Idem avec diphtongue
Idem avec diphtongue
Le provençal connaît deux "normes" concurrentes qui diffèrent surtout par l'orthographe (mais aussi, quelquefois, par la forme orale des mots): pour cette raison, on parle souvent de "graphies". Cependant il est plus exact de parler de normes différentes (incluant chacune une orthographe et des formes orales).
* La norme mistralienne s'appuie sur une orthographe plus phonétique et plus proche des habitudes de l'écriture du français. Elle a été promue par le célèbre écrivain Frédéric Mistral (mais initiée dès 1852 par son ami Joseph Roumanille). Elle a été adoptée officiellement par le mouvement du Félibrige dès sa fondation en 1854, ainsi que par des mouvements plus récents comme Parlaren et l'Unioun Prouvençalo (aujourd’hui, la section provençale du Félibrige reste fidèle à la norme mistralienne, les sections des autres régions oscillent entre les deux normes). Elle est utilisée par une grande partie des écrivains, des chanteurs, des enseignants, des institutions locales (affichage public, etc.) et constitue « une véritable norme orthographique socialisée en Provence »[2]. Depuis 2006, un Consèu de l'Escri Mistralen (Conseil de l'écrit mistralien), suscité par le Félibrige mais indépendant de ce dernier, a pour tâche de compléter l'oeuvre lexicographique de Frédéric Mistral[3][4]. Il est animé par Bernard Giély.
* La norme dite "classique" s'appuie sur les usages médiévaux, modernisés et adaptés au provençal moderne. Cette norme propose des solutions convergentes entre tous les dialectes occitans, tout en reconnaissant leurs spécificités. Elle est utilisée par une partie des écrivains, des chanteurs et des enseignants et est recommandée par l'Institut d'Estudis Occitans (notamment par sa section provençale, le CREO Provença) ainsi que par les écoles Calandretas. Elle a été fixée, dans sa variété provençale, par Robert Lafont (1951, 1972), par l'Institut d'Estudis Occitans et complétée, depuis 1996, par le Conseu de la Lenga Occitana (CLO).
Il existe des controverses très complexes entre les partisans des deux normes, mais il y a aussi des actions unitaires.
Pour chacune des deux normes, il existe, d'une part, des attitudes favorables à la stabilité de la norme et, d'autre part, des attitudes qui encouragent un usage flottant et individualiste (en rupture avec la norme). On trouve aussi des partisans de la standardisation (standards régionaux) et des partisans du localisme.
Mots français d'origine provençale [modifier]
Il est également à noter que plusieurs mots sont passés du provençal au français :
* balade et ballade : balada/balado (danse)
* fadaise : fadesa/fadeso
* s'esclafer : esclafar/esclafa (éclater)
* mascotte : mascòta/mascoto (sortilège)
Notamment dans le domaine maritime :
* cale : calar/cala (abaisser les voiles)
* bastinguage : bastenga/bastengo (toile matelassée)
* gabarit : gabarrit/gabarrit
* ressac : ressaca/ressaco
Les sens de provençal et d'occitan [modifier]
Le mot provençal est ambigu. Selon le contexte, il regroupe tous les parlers d'oc, ou alors il ne désigne que les formes spécifiquement provençales de cette langue. Ainsi, dans le premier cas l'auvergnat ou le limousin sont du provençal; dans le second ils ne le sont pas.
Lorsque Frédéric Mistral publie Lou Tresor dóu Felibrige, dictionnaire monumental de la langue d'oc moderne en deux volumes, le terme provençal inclut tous les parlers d'oc ; en sous-titre du dictionnaire, il est bien précisé : Dictionnaire provençal-français, embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne (noter l'emploi au singulier de langue), soit, comme il est précisé dans la note 1, tous les mots usités dans le Midi de la France. Mais il y écrit qu'occitan est synonyme de la langue d'oc dans son ensemble, ou de languedocien (sens étroit abandonné aujourd'hui).
L'usage des linguistes contemporains est d'utiliser le mot provençal spécifiquement pour la variante parlée en Provence et la formule langue d'oc ou occitan pour parler de la langue dans son ensemble.
Ça, c'est fait ....
Merci Wikipédia, moi, je le dis.....
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Répartition géographique [modifier]
D'après Ronjat et Bec, linguistes, le provençal se parle:
* dans le sud de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (au sud de Digne),
* dans l'est du département du Gard, en région Languedoc-Roussillon (et autour de Nîmes, la limite coïncidant avec le Vidourle et le piémont des Cévennes),
* dans la principauté de Monaco, où le provençal (niçois) coexiste avec le ligure monégasque.
Selon certains auteurs, le provençal s'étend à tous les parlers occitans des Alpes (dits alpins ou gavots), à savoir dans le nord de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (au nord de Digne) et dans les Vallées Occitanes voisines de l'Italie. Cependant, certaines classifications rangent les parlers des Alpes dans l'occitan vivaro-alpin et non dans l'occitan provençal. L'inclusion des parlers des Alpes dans le provençal s'explique plus par une référence à la grande Provence historique que par la classification dialectologique.
Il existe des zones de transition entre le provençal et le vivaro-alpin. Les dialectologues les attribuent de préférence au vivaro-alpin: sud de la Drôme (dite Drôme Provençale), région de Digne, haut Pays Niçois.
Classifications dialectologiques [modifier]
Sous-dialectes du provençal [modifier]
* Le provençal général comprend deux variétés très proches:
o Le provençal rhodanien (lou prouvençau dòu Rose): dans l'est du Gard (de Nîmes au Rhône), le Vaucluse (vers Avignon, Orange) et l'ouest des Bouches-du-Rhône (Arles, la Camargue). On peut y distinguer des parlers locaux (le parler du Ventoux et du comtat vers Carpentras; le parler de la vallée du Rhône vers Nîmes, Arles, Avignon, Orange, Bollène; etc). Les "juifs du Pape", communautés juives d'Avignon et du Comtat Venaissin ont développé un dialecte judéo-provençal particulier.
Le provençal rhodanien a donc ses particularités : les pluriels sont réduits à -i; le tch et le dj se prononcent respectivement ts et dz; des r sont rajoutés quelques fois à la fin de certains mots et la conjugaison est dotée de spécificités.
*
o Le provençal maritime et intérieur (lou prouvençau de la mar e d'enfre-terro): dans l'est des Bouches-du-Rhône (vers Salon, Aix et Marseille), le Var (Toulon...) et l'ouest des Alpes-Maritimes (vers Cannes, Antibes, Grasse et Cagnes-sur-Mer). Il existe des différences locales minimes. Le sud des Alpes-de-Haute-Provence connaît une transition douce entre le provençal maritime et le vivaro-alpin, qui commence à Digne.
Ainsi, le provençal maritime et intérieur (ou "méditerranéen") a des règles linguistiques qui lui sont propre : les pluriels se forment en -ei; une chute très marquée de nombreuses consonnes est produite; les o sont souvent diphtongués et la conjugaison possède son lot de spécialités.
Pour exemple, traduisons la phrases "Les belles filles jouent tous les jours sur la colline :
-en provençal rhodanien, cela donne : "Li bèlli chato jogon tòuti li jour dins la colo" (prononciation : li bèli tsatò dzògou'n touti li dzouR di'ng la kòlò).
-en provençal maritime, cela donne : "Lei bèllei fiho juegon tòutei lei jou dins la couelo" (pronociation : lèy bèley fiyò djüègou'n toutèy lèy djou di'ng la kwèlò).
* Le provençal niçois, appelé parfois en français sous son nom occitan: niçard (en norme classique) ou nissart (en norme mistralienne) (on prononce dans les deux normes [niˈsaʀt]). Il se parle dans le Pays Niçois (ou Comté de Nice) et à Monaco (aux côtés du ligure monégasque).
Le vivaro-alpin est un dialecte distinct du provençal par ses traits nord-occitans (cha au lieu de ca, ja au lieu de ga...), l'attachement au provençal étant plus culturel que linguistique. Cependant les populations concernées ignorent le nom savant "vivaro-alpin" et considèrent en général leurs parlers comme du provençal alpin, aussi appelé "gavot".
Place du provençal dans l'occitan [modifier]
D'après Bec (1995), le provençal et le languedocien forment l'ensemble sud-occitan (ou occitan méridional), qui se distingue du nord-occitan (vivaro-alpin, auvergnat et limousin) et de l'occitan gascon.
Traits distinctifs [modifier]
La plupart des caractéristiques linguistiques dont la somme est spécifique du provençal apparaissent dès le Moyen-Age et se confirment à partir du XVIe siècle: vocalisation des -l finaux en -w (soleu/soulèu, sau/sau pour "soleil, sel"), diphtongaison des ò toniques dans une grande partie du domaine. D'autres se développent à partir du XVIe: chute des consonnes finales (et notamment des marques grammaticales comme les -s du pluriel des noms et des adjectifs, qui disparaissent ou sont remplacées par des -(e)i ("las bèlas filhas" devient "lei bèlei filhas / l(e)i bèll(e)i fiho", le -s final étant amuï).
Entre reconnaissance et substitution [modifier]
Panneau de rue rénové à Mons, Var
Panneau de rue rénové à Mons, Var
Le provençal est vécu par une grande partie des Provençaux comme un élément de leur héritage ; il jouit d’un certain soutien de la population et des collectivités locales et bénéficie d’un net regain dans la vie publique depuis quelques décennies (publicités, signalisation routière, festivals, théâtre, édifices...).
Cependant, cette reconnaissance reste symbolique. Elle ne s'accompagne pas d'une réelle planification linguistique ni d'une officialisation susceptibles de développer le provençal de manière efficace. L'usage du provençal connaît donc un grave recul dans la société et cède les fonctions courantes de communication au français. Ceci révèle une diglossie préoccupante.
Il est toutefois spécialement reconnu comme langue menacée par l’UNESCO[1]. En effet, l'action centralisatrice des rois de France (progression du français dans les élites sociales dès le XVe siècle, puis Ordonnance de Villers-Cotterêts du 10 août 1539 instituant le français comme la langue des documents administratifs) ont écarté le provençal des fonctions officielles et prestigieuses pendant l'Ancien Régime. Au XXe siècle, la République jacobine l'a relégué dans les usages privés, puis l'a affaibli comme toutes les autres langues subordonnées, par l'enseignement obligatoire du français, la marginalisation de son usage à l'école et dans les médias.
Le provençal demeure cependant une langue de culture possédant une littérature dynamique et brillante depuis le Moyen Âge, dont la réputation internationale a notamment été couronnée par le prix Nobel de littérature de Frédéric Mistral en 1904 et poursuivie par de grands écrivains aux XXe et XXIe siècles, dont le plus renommé est probablement le poète Mas-Felipe Delavouët.
Il existe spécifiquement pour le provençal des grammaires, des dictionnaires, des méthodes d’enseignement, des maisons d’édition et des centres de recherche. Le provençal est enseigné de la maternelle à l’université en France, dans de nombreux cours associatifs et étudié dans de très nombreuses universités étrangères.
De nombreux mouvements provençaux demandent une reconnaissance officielle du provençal.
Codification, standardisation, graphies [modifier]
Nom de rue en provençal maritime et en graphie mistralienne
Nom de rue en provençal maritime et en graphie mistralienne
Idem avec diphtongue
Idem avec diphtongue
Le provençal connaît deux "normes" concurrentes qui diffèrent surtout par l'orthographe (mais aussi, quelquefois, par la forme orale des mots): pour cette raison, on parle souvent de "graphies". Cependant il est plus exact de parler de normes différentes (incluant chacune une orthographe et des formes orales).
* La norme mistralienne s'appuie sur une orthographe plus phonétique et plus proche des habitudes de l'écriture du français. Elle a été promue par le célèbre écrivain Frédéric Mistral (mais initiée dès 1852 par son ami Joseph Roumanille). Elle a été adoptée officiellement par le mouvement du Félibrige dès sa fondation en 1854, ainsi que par des mouvements plus récents comme Parlaren et l'Unioun Prouvençalo (aujourd’hui, la section provençale du Félibrige reste fidèle à la norme mistralienne, les sections des autres régions oscillent entre les deux normes). Elle est utilisée par une grande partie des écrivains, des chanteurs, des enseignants, des institutions locales (affichage public, etc.) et constitue « une véritable norme orthographique socialisée en Provence »[2]. Depuis 2006, un Consèu de l'Escri Mistralen (Conseil de l'écrit mistralien), suscité par le Félibrige mais indépendant de ce dernier, a pour tâche de compléter l'oeuvre lexicographique de Frédéric Mistral[3][4]. Il est animé par Bernard Giély.
* La norme dite "classique" s'appuie sur les usages médiévaux, modernisés et adaptés au provençal moderne. Cette norme propose des solutions convergentes entre tous les dialectes occitans, tout en reconnaissant leurs spécificités. Elle est utilisée par une partie des écrivains, des chanteurs et des enseignants et est recommandée par l'Institut d'Estudis Occitans (notamment par sa section provençale, le CREO Provença) ainsi que par les écoles Calandretas. Elle a été fixée, dans sa variété provençale, par Robert Lafont (1951, 1972), par l'Institut d'Estudis Occitans et complétée, depuis 1996, par le Conseu de la Lenga Occitana (CLO).
Il existe des controverses très complexes entre les partisans des deux normes, mais il y a aussi des actions unitaires.
Pour chacune des deux normes, il existe, d'une part, des attitudes favorables à la stabilité de la norme et, d'autre part, des attitudes qui encouragent un usage flottant et individualiste (en rupture avec la norme). On trouve aussi des partisans de la standardisation (standards régionaux) et des partisans du localisme.
Mots français d'origine provençale [modifier]
Il est également à noter que plusieurs mots sont passés du provençal au français :
* balade et ballade : balada/balado (danse)
* fadaise : fadesa/fadeso
* s'esclafer : esclafar/esclafa (éclater)
* mascotte : mascòta/mascoto (sortilège)
Notamment dans le domaine maritime :
* cale : calar/cala (abaisser les voiles)
* bastinguage : bastenga/bastengo (toile matelassée)
* gabarit : gabarrit/gabarrit
* ressac : ressaca/ressaco
Les sens de provençal et d'occitan [modifier]
Le mot provençal est ambigu. Selon le contexte, il regroupe tous les parlers d'oc, ou alors il ne désigne que les formes spécifiquement provençales de cette langue. Ainsi, dans le premier cas l'auvergnat ou le limousin sont du provençal; dans le second ils ne le sont pas.
Lorsque Frédéric Mistral publie Lou Tresor dóu Felibrige, dictionnaire monumental de la langue d'oc moderne en deux volumes, le terme provençal inclut tous les parlers d'oc ; en sous-titre du dictionnaire, il est bien précisé : Dictionnaire provençal-français, embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne (noter l'emploi au singulier de langue), soit, comme il est précisé dans la note 1, tous les mots usités dans le Midi de la France. Mais il y écrit qu'occitan est synonyme de la langue d'oc dans son ensemble, ou de languedocien (sens étroit abandonné aujourd'hui).
L'usage des linguistes contemporains est d'utiliser le mot provençal spécifiquement pour la variante parlée en Provence et la formule langue d'oc ou occitan pour parler de la langue dans son ensemble.
Ça, c'est fait ....

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Re: petites carétères du Béarn Libre
Choc des patois
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Le choc des patois est le nom donné par les chercheurs en sociolinguistique à la genèse linguistique du français québécois, conçu comme ayant été issu de la fusion de dialectes parisiens, bretons, normands, charentais, angevins et poitevins.
Le nombre et l'origine des colons arrivés pendant le régime français sont connus de façon assez détaillée au moins depuis Godbout (1946) et le tableau qui en résultait a été perfectionné énormément avec les travaux de Charbonneau et al. (1987) et Charbonneau & Guillemette (1994). Ainsi, entre 1608 et 1699, 14 393 colons français débarquèrent en Nouvelle-France. D'environ 2500 habitants en 1663, la population de la Nouvelle-France a passé à 20 000 en 1713 et à 55 000 en 1755, soit cinq ans avant la conquête britannique.[1] Les provinces françaises qui ont contribué pour 80% à ce peuplement sont situées à l'Ouest de Paris et au Nord de Bordeaux. La contribution du reste de la France, notamment la Picardie, la Champagne, la Bourgogne et le Midi, a été très négligeable.
La diversité des origines est cependant notable si on considère que les aires dialectales du normand et du poitevin, soit des aires où se parlent des dialectes français qui ne sont pas mutuellement intelligibles, ont fourni à elles seules 50% des immigrants. Or, il faut admettre qu'il se parle en Nouvelle-France, à la fin du régime français, un français fortement homogène qui n'a pu évoluer que relativement peu depuis cette époque. Étant donné que la France, à ce moment, est loin de connaître l'unification linguistique, la question se pose de savoir comment et où le français québécois basilectal tel que nous le connaissons par la suite s'est formé. Autrement dit, le choc des patois a-t-il eu lieu en France ou en Nouvelle-France? Deux hypothèses s'affrontent donc relativement à la genèse linguistique du français québécois, celle de Philippe Barbaud et celle de Henri Wittmann, s'appuyant toutes deux pour l'essentiel sur les mêmes données démographiques.
L'hypothèse de Barbaud
Selon l'hypothèse de Barbaud (1984, 1996), on doit supposer que les immigrants venant de France parlaient le patois de leur province d'origine avant d'arriver en Nouvelle-France. Les premiers colons étaient donc majoritairement des non-francophones sauf pour les immigrants de la région de Paris qui devaient vraisemblablement parler une forme de français populaire. Le choc des patois en Nouvelle-France et la francisation des patoisants en une population linguistiquement homogène parlant la langue du Roy aurait surtout été l'affaire des femmes de la colonie.
Ainsi, les 900 "filles du Roy" que la France fit passer en Nouvelle-France entre 1665 et 1673 auraient parlé en majorité un français non patoisant proche de la langue du Roy. Bien qu'originaires de milieux modestes, ces jeunes filles auraient reçu une excellente éducation avant de partir. Dans l'hypothèse de Barbaud, elles deviendront par la suite les mères de toute une génération de Canadiens au moment de l'évolution démographique du pays, où l'unification linguistique pourra se faire naturellement, sans véritable intervention étatique.[2]
L'hypothèse de Wittmann
Pour soutenir l'hypothèse contraire à celle de Barbaud, Wittmann (1995, 1998) a comparé le français québécois à une vingtaine de variétés de français colonial et l'ensemble des variétés du français colonial au français populaire de Paris, d'une part, et aux différentes variétés du français dialectal, les patois du XVIIe siècle (normand, poitevin, francien, etc.), d'autre part. La comparaison permet de constater que :
1. Seul l'acadien conserve les caractéristiques morphosyntaxiques du français dialectal, notamment le suffixe -on pour marquer la 1ère/3e personne du pluriel des verbes, et le proclitique je ou y pour "nous". Ainsi, "nous parlons" est y parlon en poitevin, je parlon en francien, en angevin et en acadien.
2. Le français populaire de Paris, le français québécois et six autres variétés du français colonial ont éliminé la flexion verbal suffixale. Ainsi, "nous parlons" est invariablement (nouzot) on parl, avec nouzot en position de sujet, et on comme marque d'accord sur le sujet. Ce groupe de parlers partage également un certain nombre de picardismes, comme m'a parlé pour "je parlerai", que les variétés coloniales, vu la quasi-absence d'immigrants picards, n'ont pu hériter que par l'intermédiaire du parler populaire de Paris.[3]
3. Dans les 13 variétés restantes du français colonial, on assiste à l'élimination de la flexion verbale suffixale et à l'effacement des proclitiques. Ainsi, "nous parlons" est nou [Ø] parl, avec nou en position de sujet, et effacement des marques d'accord.
Cette typologie phylogénétique permet de classer les langues gallo-romanes en trois groupes. Le groupe A représente la diversité linguistique naturelle du Nord de la France au XVIIe siècle. La langue du Roy ainsi que le parisien rural appartenaient à ce groupe. Le groupe B représente la koinè de compromis issue de la diversité linguistique qui s'était formé d'abord dans le Paris urbain pour s'imposer par la suite comme la lingua franca et instrument d'intégration linguistique dans tous les centres urbains de la France. Le groupe C représente les différentes variétés créoles du français, issues de la nativisation accélérée de variétés du groupe B par des majorités de populations non gallo-romanes.
Les candidats à l'émigration du XVIIe siècle ayant généralement fait un long séjour en milieu urbain avant leur départ, c'est une variété de français du groupe B, intelligible à tout locuteur d'une variété du groupe B, qui a été introduite en Nouvelle-France comme langue véhiculaire et qui a fait objet d'une certaine homogénéisation phonologique par la suite. Ainsi, le "choc des patois" était forcément une chose du passé pour tout candidat à l'émigration. Et le michif et le jargon tchinouk témoignent de la réalité que c'est une variété de français du groupe B que les coureurs de bois ont communiquée aux populations amérindiennes.
(Wikipedia)
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Le choc des patois est le nom donné par les chercheurs en sociolinguistique à la genèse linguistique du français québécois, conçu comme ayant été issu de la fusion de dialectes parisiens, bretons, normands, charentais, angevins et poitevins.
Le nombre et l'origine des colons arrivés pendant le régime français sont connus de façon assez détaillée au moins depuis Godbout (1946) et le tableau qui en résultait a été perfectionné énormément avec les travaux de Charbonneau et al. (1987) et Charbonneau & Guillemette (1994). Ainsi, entre 1608 et 1699, 14 393 colons français débarquèrent en Nouvelle-France. D'environ 2500 habitants en 1663, la population de la Nouvelle-France a passé à 20 000 en 1713 et à 55 000 en 1755, soit cinq ans avant la conquête britannique.[1] Les provinces françaises qui ont contribué pour 80% à ce peuplement sont situées à l'Ouest de Paris et au Nord de Bordeaux. La contribution du reste de la France, notamment la Picardie, la Champagne, la Bourgogne et le Midi, a été très négligeable.
La diversité des origines est cependant notable si on considère que les aires dialectales du normand et du poitevin, soit des aires où se parlent des dialectes français qui ne sont pas mutuellement intelligibles, ont fourni à elles seules 50% des immigrants. Or, il faut admettre qu'il se parle en Nouvelle-France, à la fin du régime français, un français fortement homogène qui n'a pu évoluer que relativement peu depuis cette époque. Étant donné que la France, à ce moment, est loin de connaître l'unification linguistique, la question se pose de savoir comment et où le français québécois basilectal tel que nous le connaissons par la suite s'est formé. Autrement dit, le choc des patois a-t-il eu lieu en France ou en Nouvelle-France? Deux hypothèses s'affrontent donc relativement à la genèse linguistique du français québécois, celle de Philippe Barbaud et celle de Henri Wittmann, s'appuyant toutes deux pour l'essentiel sur les mêmes données démographiques.
L'hypothèse de Barbaud
Selon l'hypothèse de Barbaud (1984, 1996), on doit supposer que les immigrants venant de France parlaient le patois de leur province d'origine avant d'arriver en Nouvelle-France. Les premiers colons étaient donc majoritairement des non-francophones sauf pour les immigrants de la région de Paris qui devaient vraisemblablement parler une forme de français populaire. Le choc des patois en Nouvelle-France et la francisation des patoisants en une population linguistiquement homogène parlant la langue du Roy aurait surtout été l'affaire des femmes de la colonie.
Ainsi, les 900 "filles du Roy" que la France fit passer en Nouvelle-France entre 1665 et 1673 auraient parlé en majorité un français non patoisant proche de la langue du Roy. Bien qu'originaires de milieux modestes, ces jeunes filles auraient reçu une excellente éducation avant de partir. Dans l'hypothèse de Barbaud, elles deviendront par la suite les mères de toute une génération de Canadiens au moment de l'évolution démographique du pays, où l'unification linguistique pourra se faire naturellement, sans véritable intervention étatique.[2]
L'hypothèse de Wittmann
Pour soutenir l'hypothèse contraire à celle de Barbaud, Wittmann (1995, 1998) a comparé le français québécois à une vingtaine de variétés de français colonial et l'ensemble des variétés du français colonial au français populaire de Paris, d'une part, et aux différentes variétés du français dialectal, les patois du XVIIe siècle (normand, poitevin, francien, etc.), d'autre part. La comparaison permet de constater que :
1. Seul l'acadien conserve les caractéristiques morphosyntaxiques du français dialectal, notamment le suffixe -on pour marquer la 1ère/3e personne du pluriel des verbes, et le proclitique je ou y pour "nous". Ainsi, "nous parlons" est y parlon en poitevin, je parlon en francien, en angevin et en acadien.
2. Le français populaire de Paris, le français québécois et six autres variétés du français colonial ont éliminé la flexion verbal suffixale. Ainsi, "nous parlons" est invariablement (nouzot) on parl, avec nouzot en position de sujet, et on comme marque d'accord sur le sujet. Ce groupe de parlers partage également un certain nombre de picardismes, comme m'a parlé pour "je parlerai", que les variétés coloniales, vu la quasi-absence d'immigrants picards, n'ont pu hériter que par l'intermédiaire du parler populaire de Paris.[3]
3. Dans les 13 variétés restantes du français colonial, on assiste à l'élimination de la flexion verbale suffixale et à l'effacement des proclitiques. Ainsi, "nous parlons" est nou [Ø] parl, avec nou en position de sujet, et effacement des marques d'accord.
Cette typologie phylogénétique permet de classer les langues gallo-romanes en trois groupes. Le groupe A représente la diversité linguistique naturelle du Nord de la France au XVIIe siècle. La langue du Roy ainsi que le parisien rural appartenaient à ce groupe. Le groupe B représente la koinè de compromis issue de la diversité linguistique qui s'était formé d'abord dans le Paris urbain pour s'imposer par la suite comme la lingua franca et instrument d'intégration linguistique dans tous les centres urbains de la France. Le groupe C représente les différentes variétés créoles du français, issues de la nativisation accélérée de variétés du groupe B par des majorités de populations non gallo-romanes.
Les candidats à l'émigration du XVIIe siècle ayant généralement fait un long séjour en milieu urbain avant leur départ, c'est une variété de français du groupe B, intelligible à tout locuteur d'une variété du groupe B, qui a été introduite en Nouvelle-France comme langue véhiculaire et qui a fait objet d'une certaine homogénéisation phonologique par la suite. Ainsi, le "choc des patois" était forcément une chose du passé pour tout candidat à l'émigration. Et le michif et le jargon tchinouk témoignent de la réalité que c'est une variété de français du groupe B que les coureurs de bois ont communiquée aux populations amérindiennes.
(Wikipedia)

Re: petites carétères du Béarn Libre
Va y avoir des conversations basco-béarno-corso-provenço-marseillaises, je vous dit que ça....
Et comme dit Last, dès que les bretons, les alsaciens, les auvergnats et les autres seront réveillés...
Milesker anitz Xeb', pour ce grand moment de culture générale...
Et je vous parle même pas de vous faire profiter d'un "dictionnaire" des expressions marseillaises, le serveur (ou le forum) va exploser...
Je sais, j'ai essayé....
Et comme dit Last, dès que les bretons, les alsaciens, les auvergnats et les autres seront réveillés...
Milesker anitz Xeb', pour ce grand moment de culture générale...

Et je vous parle même pas de vous faire profiter d'un "dictionnaire" des expressions marseillaises, le serveur (ou le forum) va exploser...
Je sais, j'ai essayé....

Re: petites carétères du Béarn Libre
J'aime bien aussi la langue de Bigard :
Tu te laisses poustache
C'est clur
Bonjoir
...
les alltwin,
Tu te laisses poustache
C'est clur
Bonjoir
...
les alltwin,
Re: petites carétères du Béarn Libre
y sont ou les ch'tis ???
Ne roule pas plus vite que ton ange gardien peux voler ( ce n'est pas de moi mais d'une forumeuse )
http://www.myspace.com/psykedetnik
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